4/18/2009

Les veines saillantes du 1er mai

Le 1er mai 2009 s'en vient à grand pas et le contexte dans lequel cette manifestation anticapitaliste s'inscrit rend d'autant plus nécessaire ce genre de protestations. Les organisateurs et les organisatrices de l'événement y ont d'ailleurs puisé leur thématique : «on ne paiera pas pour leur crise». En effet, alors que l'on serait tentéE d'observer le passé afin de déterminer où la machine s'est déréglée et qui est coupable, les acteurs et actrices des milieux politique et économique s'organisent déjà pour s'éviter le plus gros de la crise. Comme dans tout milieu amdministratif où il y a des compressions budgétaires, le sommet fait passer le gros morceau par en bas, dans l'objectif de s'éviter le coup et de diffuser les coûts. Or, les gens qui composent l'échelon le plus bas, c'est-à-dire ceux et celles dont la mobilité sociale est contingente des désirs et des objectifs des mieux nantiEs, sont logiquement les moins aptes à supporter ce genre de coupures.

Ainsi, les étudiants, étudiantes, travailleurs, travailleuses, sans emploi, itinérants, itinérantes, et bien plus encore, ont pour double fardeau de supporter une crise qu'ils et elles n'ont bien souvent pas suscité, tout en se retrouvant une fois de plus coupéEs de droits élémentaires comme s'alimenter, se loger et se représenter sur l'espace public. Un parallèle avec l'UQÀM s'impose. Comme je l'ai mentionné dans mon précédent billet, le scandale de l'ilôt voyageur origine d'une décision prise par un administrateur n'ayant pas écouté les représentants et représentantes à l'interne (le milieu étudiant et les professeurEs, par exemple)qui refusaient de voir leur argent investi de la sorte. De plus, cet administrateur a eu le culot de foutre le camp une fois les dégâts constatés, emportant avec lui bien des avantages fiscaux qui lui assureront décidément de meilleurs jours qu'en auront les gens à qui il laisse le soin de payer pour son entêtement. Le comble là-dedans, c'est que maintenant le gouvernement impose à l'UQÀM un plan de redressement pour palier aux pertes financières de l'ilôt voyageur tout en menaçant aux gens présentement en grève de rendre illégal leur protestation.


Dans ce contexte où, pour paraphraser Richard Desjardins, la victime se doit de porter le fardeau de la preuve de l'abus qu'elle a subit, il importe de commémorer l'événement du 1er mai, dont la signification historique est porteuse d'une lutte tous les jours plus essentielle. Je parle ici de l'Affaire Haymarket, qui a eu lieu le 4 mai 1886, trois jours après la première journée internationale des travailleurs et travailleuses. Alors que les manifestants achevaient leur manifestation paficique pour dénoncer le fait que la veille, des policiers avaient tiré un groupe de manifestants qui se battaient contre des briseurs de grève, une bombe a éclaté dans les rangs policiers. En réponse à un tel acte, quatre militants anarchistes furent jugés coupables et pendus (un cinquième s'est suicidé dans sa cellule).

Le débat historique n'est toujours pas clos concernant l'identité du poseur de bombe. Quelques pistes mènent à un agent provocateur des forces policières, mais la certitude fait défaut sur cette affaire. Ce qu'il faut en tirer est qu'historiquement, des gens ont revendiqué l'accès à des droits fondamentaux et un plus grand respect de leur nature humaine. Cent vingt-trois ans après Haymarket, beaucoup reste encore à faire et les conflits issus du cadre socioéconomique très hiérarchique et compétitif dans lequel nous évoluons depuis la Révolutiun industrielle n'ont pas dit leur dernier mot. Tant que des gens auront faim, tant qu'il y aura des gens précaires observant l'opulence depuis la rue, l'intolérance et la violence pulluleront.

4/15/2009

Menace d'injonction pour L'UQAM

Après maintenant plusieurs semaines de grève, professeurEs, étudiants et étudiantes sont sous la menace d'un retour en classe forcé. Afin de témoigner de notre opposition à un tel acte de coercition étatique, je vous invite à écrire aux député-e-s ou à la ministre de l'éducation afin de ne pas garder sous silence l'infâmie gouvernementale. La grève est un droit et la menace du gouvernement témoigne une fois de plus son hypocrisie à régler un problème; il préfère se l'ôter de la vue.
Si l'UQAM est en grève, c'est notamment pour son opposition aux projets de loi 107 et 110 sur la gouvernance des institution d'enseignement postsecondaire. Depuis le scandale de l'îlot voyageur, l'État tente tant bien que mal de donner la facture de ce projet désastreux aux gens qui s'y sont pourtant opposés avec vigueur : les syndicats étudiant et professoral.
J'invite donc toute personne soucieuse de la qualité et de l'accessibilité en éducation à entreprendre les moyens nécessaires pour que cesse l'hypocrisie gouvernementale. Des modèles-type de lettre sont disponibles
sur le site de l'AFESH-UQAM.