6/25/2009

Les estivités polétiques

Se targuant d’apoplexie culinaire, notre plus cher et plus humble serviteur s’est jadis exclamé devant public en toute compagnie. Alors que la popularité montantes des côtes d’écoute s’entoure d’un enduis bien gras, les indigestes personnages de notre entourage polétique continuent de nous faire soufrire [sick!]. Comme de vulgaires machines inventoriées, nous prenons l’opus et par magie nous nous transportons d’île en île, sans jamais nous arrêter pour prendre le pouls de la vague. Ce bulletin désinformé d’un dessein formé de rancunes et de rances urnes désire frapper d’un vif sentiment de honte majorée les éluEs de ce monde, depuis l’Auguste Jean, jusqu’au Kaiser ménestrel qui ose porter le même prénom que mon destin.

D’une personnelle candeur je vous avouerais ne pas être connecté à la ruche de bonnes intentions téléphoniques et visuelles. Je préfère l’anonymat de mon silence radio et l’écoute subversive de sons divers aux paroles sensées et jouissives. Néanmoins, j’opinionerai, poinçonnant l’effraction, diverses fractures sues, lues et suées, qu’il ne faut avoir tues, sinon elles tuent (admirez la piètre qualité, elle est partout, même sous vos yeux). Je tacherai donc de mon encre les plus pubères ignominies et mini-ignobles qui nous peuplent.

Tout se brise. Rien n’est plus fait pour durer. Puisqu’à huit grille-pains par indigence humaine nous n’en sommes encore que très loin du compte infini que se dressent les compagnes d’I (ignobles, iniques, imbéciles et ingrates), il faudrait donc considérer qu’en des robes libérales se dresserait un nihilisme plus profond que toute tentative d’échappement (de la voiture à d’autres combustibles non fossiles). Ce ne sont pas les marginaux qui anéantissent les tisons productifs, mais le fruit même des labeurs honnis. Derrière leurs figures smithiennes se cache un noyau profondément netchaïevien, rien de moins ! À ces égards, les plus noirs guerriers qui s’encagoulent pour porter au loin d’innombrables bri(que)s et ainsi mettre à bas la production ne font que l’alimenter; c’est avec des pierres que l’on prend le métal qu’il faut pour construire l’édifice de la culture planétaire. Prenez garde camarades car la production est belle et bien engendrée par la destruction !

Au-delà, la chair canonisée se meurtrit des «hélas» et des soupirs de ceux et celles qui portent le flambeau de la nuit à son paroxysme. Les montées et les descentes poétisées n’engouffrent que davantage de ciels étoilés dans les paupières infinies de l’oubli. Nous, engeance des humains, buvons nos canettes jusqu’à la fin en chantonnant d’immenses hymnes qui croient tromper la mort alors qu’au contraire, nous l’accueillons à grands cérémoniaux ! Que dire des élans moins gracieux sinon qu’ils effleurent un peu moins de la fable et davantage de la fabule.

Devant l’imminente apocalypse des mots nous ne trouvons que les maux pour guérir des plaies déjà entamées de mille remords. Mais l’espoir siège parmi les jeunes et les inventifs, chez ceux et celles qui s’instruisent de milles idées déjà passées, testées et raréfiées. Responsables de leurs monétaires avenirs qui fluctuent au rythme de leurs oublis éthyliques, ces braves gens affronteront l’avenir d’un pas certain, écrasant leurs moins funestes pairs qui s’émacient sous les banques. Héros de l’espèce humaine, ayant vaincu les conflits intestins des siècles passés, c’est la tête somnolente qui les guidera instinctivement à se raccrocher aux dorures de leurs jupons. DiviséEs pour être régnéEs par les terroristes bien sinistres de la polétique, ces jeunes espérances ont intégré la division du travail. Adalbéron de Laon et sa burlesque classification («ceux qui prient, ceux qui se battent et ceux qui travail») a cheminé même au-delà de Marx : à chacun son espèce d’ouvrage auquel correspond un revenu proportionnel au niveau d’exploitation des races inférieures; de chacun selon son degré d’obéissance.

Mais là s’arrêtent les comptes et les contes d’avenir bien certains. D’actuels problèmes il en regorge tout autant que ces prédictions malsalées. Il y a peu, ce sont divers gens de haute gastronomie qui digérèrent pendant quelques jours des plans postcolombiens pour devancer le destin de plusieurs intouchables panaméricains. Montréal au siège de conférences monétaires, d’ententes nucléaires reformant les familles, mais surtout : d’expulsions gazéifiées par ces policiers qui qualifient l’État de fait, ou plutôt la voie de fait, vers laquelle nous allons assurément.

Des sociaux en usage de synchronie ont tenté l’impossible miracle de survivre à leurs rêves pendant que matraques martelaient leurs têtes et que vélos tranchaient leurs visages sereins. À la pointe d’un sanctifié, homonyme d’un prince contemporain, se sont fait massacréEs hommes, femmes et enfants à coups d’iniques injonctions, autant physiques que manuscrites. ExpulséEs de leurs espoirs, ces gens ont marchés devant la mort en brandissant les armes de l’humanité : la solidarité, la parole et la ô combien dangereuse et violente innocence de croire en l’ailleurs.

À tous et toutes les camarades du Centre Social autogéré de Pointe St-Charles, et particulièrement aux massacréEs à coups de vélo, je m’incline bien bas (à la hauteur du soi-disant honneur policier !) devant votre courage et votre détermination. Ce n’est qu’un début, continuons le combat !