5/10/2010

Égalité des genres, à quand la fin du masculinisme ?

Plusieurs croient que l’égalité homme-femme est atteinte, que les féministes ont tort de dénoncer des abstractions comme le patriarcat ou la domination masculine. Plusieurs personnes, hommes comme femmes dénoncent les dires de celles que l’on qualifie de féministes radicales, argumentant qu’elles sont dogmatiques, refusent l’ouverture et le dialogue et n’émettent que des jugements anti-hommes. Je ne chercherai pas à débusquer tous ces imbéciles (hommes comme femmes). Si vous êtes curieux ou curieuses, vous n’aurez qu’à taper le nom de Mélissa Blais avec celui de Martineau et vous tomberez sur un bon filon. Pour ma part, je me contenterai d’énoncer certaines illustrations du patriarcat, qui est loin d’être une abstraction. Il s’agit plutôt d’une réalité qui nous colle tellement aux yeux qu’on ne la voit plus; à moins que l’on refuse de la voir...

Dimanche, à Tout le Monde en parle, Miss Ronde Québec était invitée à nous parler de ses rondeurs. Elle est grosse, et elle vient de gagner un concours qui célèbre cet attribut physique qu’est le sien. J’hésitais entre applaudir ce genre de concours qui démonte un peu les stéréotypes de beauté au féminin, et crier à l’imbécillité. Car bien que je n’aie rien contre la demoiselle en question, je m’insurge très fortement contre le fait que ce genre de concours. On ne s’en sort pas. Les femmes grosses acceptent un peu plus leur apparence, et elles sont acceptées socialement. Mais il n’est question que du corps. Encore et toujours. Les femmes ne seraient-elles qu’un corps ?

Les publicités le célèbrent, les chanteuses internationales aussi, le corps des femmes fait vendre. Ce qui change, c’est que les mannequins sont de plus en plus minces, alors que la population prend du poids. Pour pallier à cette hypersexualisation axée vers un modèle très strict de ce qu’est le corps acceptable, on a plusieurs choix. Un premier, c’est de mettre en place d’autres modèles hypersexualisés, ou du moins axés principalement sur le corps, comme le concours Miss Ronde Québec. Un autre, c’est de lutter contre la publicité sexiste. Une autre possibilité est que les femmes établissent un rapport de force contre l’ordre établi, que cesse la dictature de l’image et que peu importe le corps, on prenne en compte les personnes entières !

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Autrement, j’ai lu récemment le dernier livre de Mélissa Blais, «J’haïs les féministes», sur la tuerie du 6 décembre 1989. Elle fait une analyse très pertinente de l’impact de cet événement dans la mémoire collective du Québec. Elle démontre aussi que, suite à cette tuerie, la peur des femmes et des féministes s’est accrue. MB exprime également que si plusieurs hommes ne sont pas antiféministes, tous bénéficions des éclats des actes comme celui de Marc Lépine. On obtient le phénomène de l’homme protecteur, soucieux du bien-être de sa femme et de ses enfants, certes, mais qui se nourrit d’une peur qui n’a pas lieu d’être. En parallèle, le site de Sysiphe fait le décompte des femmes «tuées par des hommes en tant qu’hommes» depuis l’assassinat de masse perpétré par Marc Lépine (720 en date du 25 novembre 2009). La violence envers les femmes est une réalité que nous ressentons dans les moindres situations où, passé une certaine heure, on juge qu’il est risqué qu’une femme se promène seule.

Je ne cherche pas à rejeter les initiatives de certains hommes (moi-même, j’en fais partie) qui raccompagnent ou vont chercher leurs amies ou amoureuses le soir. Je considère qu’il est préférable d’être machiste que de laisser libre cours à une potentielle agression. Sauf que les hommes aussi peuvent être victimes d’attaques, et qu’ultimement le danger est peut-être plus grand lorsqu’on est femme, mais il l’est d’autant plus lorsqu’une personne est seule et sans défense. Je crois donc qu’on fait mieux lorsque l’on s’assure que personne ne marche seul. Encore mieux : il faudrait encourager et faciliter l’accès à des cours et moyens d’autodéfense. Car en effet, peut-être la présence masculine peut avoir un effet dissuasif, ça reste à prouver, mais dans les faits, un coup de pied bien placé par une personne informée et sûre d’elle fait son effet. Pas besoin d’avoir un pénis ou des gros muscles pour se défendre !

Bien entendu, l’idéal serait que disparaissent ces situations où des femmes sont agressées, et que plus personnes ne craigne pour son intégrité physique. C’est pourquoi la tâche des féministes est ardue et nécessaire et qu’il est préférable de les épauler plutôt que de clamer haut et fort qu’une fois l’équité salariale obtenue, on pourra enterrer les études genrées et laisser voguer dans nos mémoires une époque révolue de lutte pour l’égalité homme-femme.

4/01/2010

l'anti-budget

Après de nombreuses baisses d’impôts, autant aux entreprises qu’aux particuliers, le gouvernement libéral nous présente un budget d’économie en déficit... Ce genre de politique où un certain groupe sort gagnant d’avoir créé le problème et d’être chargé de le régler est aussi répréhensible que les cas documentés par Naomi Klein où une même compagnie américaine avait d’abord été engagée pour envoyer des mercenaires faire le ménage au Moyen-Orient tout en bénéficiant ensuite d’un lucratif contrat de reconstruction payé par le gouvernement fédéral américain. On détruit d’un côté pour reconstruire de l’autre. Pire : on est payé par les fonds publics pour le faire.

Quand on fait un budget personnel et qu’on se retrouve avec moins d’argent, on ne se prive pas d’aller voir son médecin ou de manger, on laisse tomber les gros achats, les sorties au ciné et les soupers au resto. Bref, on coupe dans le superflu pour préserver l’essentiel. C’est d’ailleurs l’argument qu’utilisaient les tenants et tenantes du dégel des frais de scolarité que vivent actuellement les étudiants et étudiantes : «3$ de moins par semaine, c’est seulement une bière de moins»*. Or, les libéraux tentent de nous faire croire que l’essentiel, c’est la richesse des plus riches, et que le superflu, ce sont les services publics (santé, éducation, électricité, etc.). Ces tyrants du marché qui aiment soi-disant la liberté n’aiment que la leur et méprisent celle des autres. Si les élites politiques et économiques faisaient réellement preuve de bonne foi, ils couperaient dans leurs salaires au lieu d’effectuer un gel symbolique pour deux ans. Les dirigeants et dirigeantes d’entreprises, les chefs politiques et députés, les recteurs, retrices, doyens et doyennes, tous ces gens gagnent des salaires astronomiques et se permettent des augmentations fréquentes depuis longtemps déjà lors que les salaires de la majorité ne suivent même pas l’inflation.

L’appareil étatique qui maintient en place un certain tissu social fout le camp parce que ceux et celles qui prennent les décisions sont rémunérées pour jouer à la roulette russe avec ce qui assure à peine les besoins élémentaires de plusieurs. C’est le salaire de ces agents de mort qu’il faut couper, et non celui des infirmiers et infirmières, des professeur·e·s, de la population en général qui va s’appauvrissant. D’ailleurs, il est intéressant de constater dans ce budget (comme dans tous les autres) que le corps policier ne subit aucune restriction budgétaire directe. En effet, les élites ne touchent pas aux forces de l’ordre, ils en ont besoin pour jouir en paix pendant que la populace fouille les poubelles, mendie dans les rues et crie sa colère devant les rangées barricadées de flics armé·e·s.

Les tenants et tenantes de ce budget sont bien évidemment ceux et celles qui en profiteront le plus. Il faut cesser de croire que les politiciens et leurs intérêts personnels soient soumis à un quelconque bien public. Ce qui fait qu’un politicien est bon, c’est quand il nous fait croire que son bien est également le nôtre. Ne nous laissons pas duper !

Vivre, enseigne Épicure à Ménécée, c’est essentiellement être, en comblant ses besoins naturels et nécessaires d’abord, ceux qui sont naturels et non nécessaires ensuite, et en laissant tomber autant que possible ce qui n’est ni naturel, ni nécessaire. Les élites politiques et économiques ne sont pas épicuriennes, on l’aura deviné depuis longtemps. Mais peut-être devraient-elles réfléchir à ce qu’a dit le philosophe du jardin quand viennent les temps durs.

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Environ dix mille personnes ont marché et scandé tranquillement dans les rues du centre-ville de Montréal aujourd’hui. Des gens issus de différents groupes sociaux et communautaires ont fait valoir qu’ils et elles aussi existaient et que sans eux et elles, les riches auraient les poches un peu moins pleines. La leçon qu’il faut tirer, c’est que nous sommes encore capables de nous mobiliser. Le seul hic, comme l’avait mentionné l’Agitateur sur son blogue, c’est que nous rentrions chez nous et laissions aller les choses peu importe le résultat. Au contraire, peu importe le résultat, il faut continuer à se tenir debout ! 1



3/04/2010

l'autre fondement : le patriarcat

J’avais promis, il y a longtemps, que je m’ouvrirais la gueule pour expliquer ma position proféministe. Ça part un peu dans tous les sens et il fort est possible que je reprenne sans le savoir des idées que d’autres m’ont jadis données. Quoi qu’il en soit, si vous retrouvez-là une de vos idées, sachez que je n’ai aucunement voulu m’en revendiquer le créateur, mais plutôt un de ses partisans.

D’emblée, je me considère proféministe radical. En effet, considérant que je ne suis pas une femme, je ne peux porter l’étendard du féminisme à leur place, et donc ne pas être féministe à proprement parler. Je ne peux qu’appuyer tout ce que je considère positif pour l’obtention d’une égalité entre les hommes et les femmes. Et vu que je suis également en mauvais termes avec la société capitaliste et patriarcale qui est la nôtre, j’adopte assez généralement la position du féminisme radical qui selon moi se résume à cette phrase tirée du blogue chercher des poux : «Feminism is the radical notion that women are people».

On pourrait croire assez facilement que le Québec est une société égalitaire en termes de relations hommes-femmes. Il paraît vrai que nous sommes un peu en avance sur bien d'autres sociétés, du moins dans l'image que nous donnons. Il y a parité au cabinet des ministres, notre cheffe fédérale, représentante du pouvoir royal anglais est de sexe féminin, l'ensemble de la société civile est, paraît-il, ouverte aux femmes. Qu'en est-il en réalité ? Et cette question, je la pose en ayant en tête le danger de se comparer. Tout comme pour la qualité du système d’éducation, observer être en avance ne signifie aucunement qu’il faille ralentir pour se loger au sein des retardataires.

Dans un récent rapport du gouvernement, les femmes demeurent, à 85%, les principales victimes de violence conjugale1. Elles sont également la cible privilégiée d’un imaginaire collectif qui nous affecte à travers la publicité, la pornographie et les médias en général. J’accepte l’idée qu’hommes et femmes soient victimes de cette création de stéréotypes. Mais les modèles masculins sont plus favorables. On attend d’un homme qu’il soit fort, sérieux, séduisant, un peu rebelle, qu’il ait raison et qu’il sache guider. Du côté des femmes, les modèles sont un peu moins reluisants. On veut une femme forte, mais fragile, sensible, rêveuse, voire même égarée, belle, sexy et dévouée2.

On crée des histoires de femmes qui aiment satisfaire leur homme, qui apprécient la fellation au point d’en jouir et de se laisser pénétrer oralement. En solo ou en groupe, la femme subit les giclées de ses partenaires sur le visage. Dès leur plus jeune âge, les femmes sont enjointes à trouver normal et acceptable des tas de situations, de positions et d’habits qui n’ont rien d’avantageux pour elles sinon la facilité à se trouver un amant, un homme qui lui aussi est endoctriné à rechercher ce genre de femme.

N’oublions pas tous les commentaires faciles et désobligeants qui sont passés, de part et d’autre, visant à renforcer l’homme dans sa situation de domination, et à faire perdurer la soumission des femmes. Outres les blagues qui malgré leur manque de sérieux peuvent avoir de l’influence, il y a toute une série de présupposés. Il y a des jobs d’homme et des jobs de femme. On dit une secrétaire et un médecin. On m’a raconté qu’un professeur d’université s’était adressé à sa classe en demandant si quelqu’un avait un père ingénieur... Les emplois de service à la clientèle, qui sont très souvent les moins bien rémunérés, privilégient l’emploi des femmes3. Auraient-elles des atouts qui soient plus vendeurs que ceux des hommes ? S’adresserait-on à une clientèle particulière à l’instar des publicités Budweiser qui font l’éloge d’un camp pour grands garçons ?

Tout aussi près de nous, au sein de nos relations de tous les jours, il y a encore du chemin à faire. Alors que l’on croit être parvenuEs à une égalité des sexes, on assiste plutôt au plus grand backlash de l’histoire, rendant facultative la lutte pour l’obtention de l’égalité entre les sexes. Observons plus attentivement les discussions de groupe. Les hommes ont tendance à parler plus, plus fort et plus agressivement que les femmes1. Et celles-ci, quand elles parlent, sont écoutées avec moins d’attention. Car l’on expérimente des situations de communication où, encore une fois, c’est la compétition mâle qui l’emporte. On argumente férocement, on déploie notre testostérone par le verbe, et on cogne fort sur la table quand ça ne va pas selon notre avis.

Tout comme pour les afroaméricains noire l’ont connu il y a cinquante ans, et encore aujourd’hui, on a beau avoir théoriquement ouvert la société aux femmes, il n’en demeure pas moins que leur situation sociale ne permet pas nécessairement d’accéder aux postes-clé. À la fin de l’esclavage, on a permis aux noirEs de s’élever socialement. Mais alors qu’auparavant ils et elles étaient prisEs en charge par leurs maîtres, ils et elles se sont soudainement retrouvéEs intégréEs à une société pour laquelle il leur manquait les moyens pour en faire réellement partie. Se sont donc retrouvéEs sous le seuil de la pauvreté des tas de gens qui d’un jour à l’autre ont été soi-disant libéréEs.

On peut observer la même chose pour les femmes, bien que ce soit à un autre niveau. La possibilité du divorce, la fin du confinement de la femme au foyer et leur entrée dans la sphère publique sont trois éléments observables témoignant de l’émancipation des femmes. Sauf qu’après cela, il y avait encore les cas de femmes monoparentales et le fait que les femmes soient plus nombreuses à occuper des emplois à faible revenu que les hommes.

Francis Dupuis-Déri, politologue, professeur à l’UQAM et militant proféministe1, fait le lien entre tous les épisodes de libération et le contrecoup qui s’ensuivit. Dans cette émission de CHOQ FM consacrée à son plus récent ouvrage, Mélissa Blais fait référence à une thèse similaire. Lors de la Révolution française, à l’abolition de l’esclavage aux États-Unis, après la Révolution russe, et maintenant avec la libération des femmes, les gens qui se retrouvaient, du jour au lendemain, privés de leur mainmise, entraient dans une logique réactionnaire. Ainsi, alors que les sans-culottes voulurent aller plus loin et obtenir leur liberté, la bourgeoisie s’est raidie, se formant en Directoire, recréant une société de privilégiéEs et d’oppriméEs. Après la Guerre de Sécession, une longue période de separate but equal, slogan de la ségrégation, s’est abattue sur la société américaine, et le Ku Klux Klan s’est dévoué à faire regretter aux gens à peau noire d’avoir un jour eu le malheur d’être capturéEs par des marchands d’esclaves. De même, la Révolution russe s’est avérée un trop grand pas pour Lénine et ses amis, qui considéraient, fidèles à Marx, que le peuple ne pourrait se gouverner seul tout de suite et qu’il serait nécessaire que le Parti Communiste décide à sa place.

Vers où pointent ces exemples historiques ? En quoi ont-ils une incidence dans le cas de la libération des femmes ? Alors que les années soixante-dix furent au Québec un moment d’émancipation féministe, on a connu le 11 décembre 1989 un cri du cœur d’un jeune homme, Marc Lépine, qui a tué 13 étudiantes à la Polytechnique dans un cri outrageux : «J’haïs les féministes !». Des hommes que l’on identifie comme des masculinistes se regroupent sous prétexte que la société est devenue matriarcale, avec un État géré par et pour les femmes, et que c’est au tour des hommes à être victimes. Parmis les choses que ces hommes ne comprennent pas, on note le fait indéniable que pour que notre société devienne réellement égalitaire, les hommes doivent perdre leur rôle dominant6. Comme dans les cas résumés précédemment, quand un groupe précis s’insurge et revendique son émancipation, les puissants doivent apprendre à partager et à se défaire de leur préséance.

La société occidentale est fondée sur deux blocs de granit : la compétition et le patriarcat. Il n’est pas étonnant de voir que les faibles mesures de nos gouvernements en matière d’égalité homme-femme soit de mettre les hommes à la porte pour faire de la place aux femmes : nous vivons dans une société qui n’accepte pas le compromis, et encore moins le partage. Ce qu’il faut, ce sont des fonceurs et des fonceuses qui n’ont aucun scrupule à écraser les autres. Tristement, on se rend bien peu souvent compte à quel point le moindre de nos actes est complice d’un engrenage qui démolit des vies. De même, peut-on réellement croire en l’égalité en ouvrant une sphère publique masculinisée depuis toujours à des individus qui n’ont jamais eu leur mot à dire sur sa structure ?



[3] http://206.167.148.80/donstat/societe/march_travl_remnr/remnr_condt_travl/e004_effec_sal_min_sex_08.htm nous informe sur le fait que la majorité des travailleurs et travailleuses à salaire minimum sont des femmes. http://206.167.148.80/donstat/societe/march_travl_remnr/remnr_condt_travl/d001_rem_heb_emp_08.htm mentionne que les hommes (802,86$) gagnent en moyenne environ 175$ de plus par semaine que les femmes (617,66$).

[5] Dans ce paragraphe, j’élabore sur ce qu’avait dit FDD dans La Domination masculine.

[6] Tels sont les propos que défend Patric Jean dans le documentaire La Domination masculine.

2/18/2010

Earthlings : vingt-cinq minutes suffisent-elles ?

Hier je me suis décidé à regarder Earthlings. Après avoir écouté l'entrevue de Georges Laraque à Radio-Canada, je me suis dit qu'il était temps. L'argumentaire de l'ex-joueur du Canadien m'avait convaincu, et sa manière de démolir les prétentions me Mme Petrowski m'a suffisament stupéfié pour que la curiosité l'emporte. Donc, je me suis installé devant l'ordi, casque d'écoute sur la tête, les yeux rivés à l'écran...

Vingt-cinq minutes... je n'ai pas pu aller plus loin. Si Georges Laraque est une personne sensible, alors je suis décidément trop sensible. Je me suis avoué vaincu quelque part au milieu de l'abattage Kosher pas très fidèle à ses normes... C'est décidé, j'ai maintenant les raisons qu'il me manquait pour compléter le saut vers un menu exclusivement végétalien, du moins jusqu'à ce que je trouve des approvisionnements en oeufs et produits laitiers qui soient plus éthiques. Mais concernant la viande, j'ai été convaincu par l'adage voulant que si chaque personne devait tuer sa propre viande tout le monde serait végétarien. Pas que je considère cela vrai, mais je me sais incapable de tuer quoi que ce soit. C'est à réfléchir.

Earthlings n'est pas, à mes yeux, un documentaire. Il s'agit d'un pamplhet choc voulant faire réagir les personnes sensibles. Devant les scènes d'horreurs qui vont en crescendo, il devient difficile de raisonner clairement sur la question de l'exploitation animale. On est révoltéE ou dégoutéE, et peut-être délaissera-t'on nos habitudes carnivores, mais en aucun cas nous n'aurons été informéEs. C'est ce que je déplore au flim, qui pourtant, traite d'un sujet crucial. Les responsable de sa réalisation ont voulu attirer l'attention des gens sur un phénomène dégueulasse, en surchargeant le film de cette dégueulasserie dénoncée. Je leur reproche d'avoir trop voulu choqué, même si je comprends l'intention sans problème. Ce film n'est que le reflet du réel.

On observe qu'une fois de plus, l'instinct consommateur l'emporte sur l'empathie. Des tas d'animaux de compagnie morts pour alimenter le marché, des litres d'eau gaspillés pour nettoyer les abattoirs, et des méthodes de mise à mort qui n'ont rien d'euthanasiques afin de pallier au manque de temps et de ressources. Il y a là quelques éléments que j'ai pu apercevoir en n'ayant vu que le tiers. Un jour, peut-être, quand j'aurai la conscience tranquille, je visionnnerai le reste.

En attendant, je m'incline devant cet ex-joueur du canadien qui a su si aisément déjouer les tentatives démagogues de Mme Petrowski, et qui investi désormais son temps à une cause qui me semble juste. Je ne suis aucunement fan de hockey, mais voilà un hockeyeur pour qui j'ai du respect. Bravo Georges Laraque !